• Auteur/autrice de la publication :
  • Temps de lecture :6 mins read
You are currently viewing Fiabilité moteur Renault chez Mercedes : le guide complet pour éviter les pièges et choisir le bon bloc

L’étoile à trois branches cache parfois un losange sous son capot. Si cette alliance entre Mercedes-Benz et Renault a permis de démocratiser l’accès aux modèles premium comme la Classe A ou le GLA, elle suscite encore de nombreuses craintes chez les acheteurs d’occasion. Est-ce une hérésie mécanique ou une opportunité économique ? Entre les moteurs à fuir absolument et les blocs d’une robustesse exemplaire, nous avons passé au crible dix ans de collaboration pour vous livrer un verdict sans complaisance.

En bref :

  • L’alliance Renault-Mercedes produit des moteurs performants et parfaitement intégrés aux standards de la marque allemande.
  • Le bloc diesel 1.5 dCi (OM608) est une référence de sobriété capable de dépasser les 300 000 km.
  • Le moteur 1.3 essence (M282) co-développé par les deux marques offre une fiabilité exemplaire depuis 2018.
  • Mercedes n’utilise pas le moteur 1.2 TCe défaillant, évitant ainsi les risques de casse moteur massive.
  • Un entretien rigoureux avec l’huile homologuée MB reste indispensable pour préserver le turbocompresseur et la vanne EGR.
  • Choisir un moteur de l’alliance permet de réduire les coûts de maintenance sans sacrifier l’image de marque premium.

Quels moteurs Renault sont réellement fiables dans une Mercedes ?

Pour répondre sans détour à votre inquiétude : oui, la majorité des moteurs issus de l’alliance sont fiables, à condition de viser les bons millésimes. Le partage de composants concerne principalement les motorisations compactes pour réduire les coûts de production sans sacrifier la technologie.

MoteurCode MercedesFiabilitéNoteVerdict
1.5 dCiOM607 / OM608Excellente9/10Le meilleur choix diesel pour l’économie.
1.3 TCeM282Très bonne8.5/10Moderne, nerveux et sans défaut majeur.
1.6 dCiOM622 / OM626Bonne7.5/10Robuste mais sensible à l’encrassement urbain.
1.2 TCeH5FtFaible3/10À éviter (consommation d’huile massive).

Pourquoi Mercedes utilise-t-il des moteurs Renault : les coulisses d’une alliance stratégique

L’alliance entre Daimler (maison mère de Mercedes) et le groupe Renault-Nissan remonte à 2010. L’objectif n’était pas de « dégrader » la qualité allemande, mais de répondre à une équation économique complexe. Développer un petit moteur thermique de A à Z coûte des milliards d’euros en Recherche et Développement.

Lire aussi :  Peut-on mélanger de l'huile moteur 5W30 et 5W40 ?

En empruntant des blocs compacts à Renault, Mercedes a pu concentrer ses investissements sur l’électrification et ses moteurs de prestige (V6, V8, AMG). Ce partenariat a également permis de respecter plus facilement les normes Euro 6 de réduction de CO2 grâce à des moteurs sobres et déjà amortis industriellement.

Analyse détaillée des blocs Diesel : la saga du 1.5 dCi et du 1.6 dCi

Le 1.5 dCi (OM607/OM608) : un chameau increvable sous l’étoile ?

Le bloc 1.5 dCi (code interne Renault K9K) est sans doute le moteur le plus produit au monde. Chez Mercedes, on le retrouve sous l’appellation OM607 (puis OM608 sur les versions plus récentes). Oubliez les problèmes d’injecteurs des années 2000 : les versions montées sur les Classe A 180d ou CLA 180d depuis 2012 sont d’une robustesse impressionnante.

  • Point fort : Une consommation réelle tombant souvent sous les 4L/100km.
  • Point faible : Les coussinets de bielle sur les très hauts kilométrages si les vidanges ont été négligées.

Le 1.6 dCi (OM622/OM626) : la force tranquille pour les utilitaires et la Classe C

Le moteur 1.6 dCi (code R9M) est un cran au-dessus en termes de couple. Il équipe les versions traction du Mercedes Vito et certaines versions de la Classe C. C’est un moteur « carré », conçu pour durer, mais il déteste les petits trajets répétés à froid qui saturent son système de dépollution.

Les moteurs Essence : du cauchemar du 1.2 TCe au succès du 1.3 TCe

L’ombre du 1.2 TCe (H5Ft) : pourquoi Mercedes a eu raison de l’éviter

Le moteur 1.2 TCe a causé un véritable séisme chez Renault et Nissan en raison d’un grave défaut de conception entraînant une surconsommation d’huile et des casses moteurs prématurées. Fort heureusement, Mercedes a refusé d’intégrer ce bloc dans sa gamme de berlines, préférant conserver ses propres moteurs 1.6 turbo maison à l’époque. Si vous achetez une Mercedes, vous êtes donc protégé de ce « scandale » spécifique.

Lire aussi :  Fiabilité moteur 1.5 BlueHDi 100 et 130 : le guide complet

Le 1.3 TCe (M282) : le nouveau standard de fiabilité co-développé

Lancé en 2018, le 1.3 TCe (M282 chez Mercedes) est un moteur radicalement différent. Il est le fruit d’un co-développement réel : Renault s’est chargé du bas moteur tandis que Mercedes a conçu la culasse et la gestion électronique. Équipé d’une chaîne de distribution et d’un traitement de paroi de cylindre issu de la GT-R (Bore Spray Coating), il anime avec brio les Classe A 200 et GLA 200. C’est aujourd’hui l’un des moteurs essence les plus recommandables du marché.

Comment reconnaître un moteur Renault sous le capot d’une Mercedes ?

Pour ne pas vous tromper lors d’un achat d’occasion, vérifiez la cylindrée exacte sur la carte grise (case P.1) ou le code moteur :

  • Moteur Renault :
    • Diesel 1.5L (1461 cm3) -> Codes OM607 / OM608.
    • Diesel 1.6L (1598 cm3) -> Codes OM622 / OM626.
    • Essence 1.3L (1332 cm3) -> Code M282.
  • Moteur 100% Mercedes :
    • Diesel 2.0L (1950 cm3) -> Code OM654 (le nouveau standard Mercedes).
    • Diesel 2.1L (2143 cm3) -> Code OM651 (l’ancien bloc historique).

Guide d’entretien et points de vigilance pour maximiser la longévité

Même le moteur le plus fiable peut s’avérer décevant s’il est mal entretenu. Voici les points critiques pour les blocs Renault-Mercedes :

  • La vanne EGR : C’est le point faible commun aux diesels. Pour éviter l’encrassement, effectuez un trajet autoroutier de 30 minutes à haut régime une fois par mois.
  • L’huile moteur : Mercedes impose des normes strictes (homologation MB 229.51 ou supérieure). N’utilisez jamais une huile bas de gamme, sous peine de détruire le turbocompresseur.
  • La courroie de distribution : Contrairement au 1.3 essence (chaîne), le 1.5 dCi utilise une courroie. Elle doit être remplacée tous les 6 ans ou 150 000 km.
Lire aussi :  Moteur Renault 1.5 dCi : Fiabilité, durée de vie et avis complet

Checklist de l’acheteur d’occasion :

  • Vérifier l’absence de fumée bleue au démarrage (signe d’usure des segments ou du turbo).
  • S’assurer que les rappels constructeurs ont été effectués via le numéro de châssis (VIN).
  • Privilégier les véhicules ayant un historique de vidange tous les 15 000 km plutôt que les 30 000 km préconisés (trop longs pour la santé du turbo).

Conclusion : faut-il craquer pour une Mercedes motorisée par Renault ?

Acheter une Mercedes avec un moteur Renault n’est pas un manque de goût, c’est un choix rationnel. Vous bénéficiez du châssis, de la finition et des technologies d’infodivertissement de la marque à l’étoile, tout en profitant de moteurs sobres dont les pièces sont disponibles partout à moindre coût. Si vous visez une Classe A 180d (post-2015) ou une A 200 essence, vous faites l’un des meilleurs placements actuels sur le marché de l’occasion.

Clément

Je suis Clément, un passionné de moteurs, d’outils et de tout ce qui roule. Au fil des années, j’ai accumulé de l’expérience en bricolant, réparant et améliorant toutes sortes de véhicules. J’ai ouvert ce blog pour transmettre ce que j’ai appris, partager mes essais, et échanger avec ceux qui aiment mettre les mains dans le cambouis. Ici, on parle mécanique simplement, avec envie et curiosité