La Mercedes Classe B est une référence incontournable sur le marché de l’occasion. Son image de monospace compact premium rassure les familles comme les professionnels. Pourtant, la fiabilité n’est pas linéaire sur toutes les générations. Avant de signer, il est crucial d’identifier les modèles de Mercedes Classe B à éviter pour ne pas transformer votre rêve d’étoile en cauchemar mécanique. De la W245 à la récente W247, nous analysons ici les versions à risque avec une approche technique et factuelle.
Quels sont les défauts majeurs de la Mercedes Classe B ?
La fiabilité de ce véhicule varie drastiquement selon le millésime. Les problèmes vont de la simple défaillance électronique à la casse moteur. Pour les acheteurs potentiels, voici une vision immédiate des versions nécessitant une vigilance extrême avant tout engagement financier.
Tableau récapitulatif des versions à risque :
| Génération | Années critiques | Organes à risque | Coût estimé réparations |
|---|---|---|---|
| W245 | 2005-2008 | Boîte CVT, Turbo, Électronique | 1 000 € – 3 000 € |
| W246 | 2011-2014 | Boîte 7G-DCT, Chaîne distri (Diesel) | 1 500 € – 4 000 € |
| W246 | 2013 (Spécifique) | Airbags, Bugs multimédia | 500 € – 2 000 € |
| W247 | 2019-2020 | MBUX, Jeunesse Boîte 8G-DCT | Variable |
Première génération (W245 : 2005-2011) : Les erreurs de jeunesse à ne pas commettre
Cette première mouture a établi le segment mais a souffert de nombreux défauts de conception initiaux. Les coûts de remise en état peuvent rapidement dépasser la valeur résiduelle du véhicule.
Les motorisations diesel OM640 (2005-2008)
Les blocs diesel OM640 équipant les B180 CDI et B200 CDI produits entre 2005 et 2008 demandent une inspection minutieuse. On constate des défaillances d’injecteurs fréquentes dès 100 000 km ainsi qu’une fragilité marquée du système de suralimentation.
Des symptômes comme une perte de puissance soudaine, une fumée noire ou une odeur de gazole dans l’habitacle sont des indicateurs sérieux. De plus, les joints de culasse sur ces millésimes présentent des faiblesses d’étanchéité reconnues.
La transmission CVT et les finitions
La boîte automatique à variation continue, dite Autotronic (CVT), est le talon d’Achille de cette génération. Elle est sujette à des pannes électroniques et mécaniques complexes, rendant souvent le remplacement complet inévitable.
Côté habitacle, la qualité des plastiques déçoit pour du premium. Plus grave, des infiltrations d’eau sur les premiers millésimes ont souvent endommagé les calculateurs électroniques situés dans les planchers, provoquant des pannes aléatoires.
Deuxième génération (W246 : 2011-2018) : Attention aux coûts cachés
Bien que plus moderne, la W246 n’est pas épargnée. C’est le modèle le plus courant en occasion, il convient donc d’être précis sur les codes moteurs et les transmissions.
Le piège de la boîte 7G-DCT et du Diesel OM651 (2011-2014)
La boîte à double embrayage 7G-DCT a connu des débuts difficiles. Sur les modèles 2011 à 2014, les propriétaires rapportent des à-coups, des vibrations et une réponse lente. Ces dysfonctionnements nécessitent souvent des mises à jour coûteuses, voire un remplacement du mécatronique.
Concernant les diesels OM651 (B180 CDI / B200 CDI), le tendeur de chaîne est un point faible critique. Contrairement à une courroie, une chaîne ne devrait pas nécessiter d’intervention précoce. Un bruit de cliquetis métallique au démarrage à froid doit vous faire fuir : il signale une chaîne détendue risquant la casse moteur.
Les moteurs essence et le bloc 1.5L d’origine partenaire
Les blocs essence M270 (B180/B200) produits entre 2012 et 2014 affichent parfois une consommation d’huile excessive, pouvant atteindre 1L/1000km, ainsi que des bobines d’allumage fragiles.
Le moteur diesel 1.5L (B160 CDI), issu d’un partenariat industriel, présente des vulnérabilités au niveau du système de refroidissement (fuites, surchauffe). La vanne EGR et le turbo sur ce bloc ont tendance à s’encrasser rapidement, surtout en utilisation urbaine.
Troisième génération (W247 : depuis 2019) : L’électronique capricieuse
Sur cette mouture récente, la mécanique est globalement plus robuste grâce notamment aux nouveaux moteurs OM654. Les soucis se déplacent cependant vers le software.
L’interface multimédia MBUX connaît des bugs de jeunesse sur les millésimes 2019-2020 : écrans noirs, redémarrages intempestifs ou commandes vocales inopérantes. La boîte 8G-DCT peut également présenter des défauts de calibration, engendrant des passages de rapports brutaux qui nuisent au confort de conduite. Enfin, sur la version hybride rechargeable B250e, le système de charge embarqué montre parfois des défaillances de communication.
Quelle est la Classe B la plus fiable à acheter ?
Pour sécuriser votre investissement et profiter du confort de ce monospace, orientez-vous vers les versions fiabilisées.
- En Diesel : Privilégiez sans hésiter les modèles post-2015 (W246 Phase 2). Le moteur 2.1L (B200d) est alors mature et fiable. Pour la génération actuelle W247, le moteur OM654 est une réussite technique robuste.
- En Essence : Les versions B180 et B200 produites après 2016 sont des choix sûrs, débarrassés des soucis de consommation d’huile.
- Le « Sweet Spot » : La Classe B W246 restylée (2015-2018) représente aujourd’hui le meilleur rapport qualité/prix/fiabilité du marché de l’occasion.
Quel moteur choisir et longévité
Le meilleur compromis moteur
Le choix de la motorisation dépendra de votre profil d’usage :
- Urbain et Mixte : Le B180 Essence (122ch) est suffisant. Il est silencieux, souple et techniquement fiable sur les millésimes récents.
- Gros Rouleurs : Le B200d (136ch ou 150ch) offre un couple généreux idéal pour l’autoroute et une consommation maîtrisée.
Quel est le kilométrage maximum d’une Mercedes Classe B ?
Malgré les défauts cités, une Mercedes bien entretenue est conçue pour durer. Un moteur Diesel (OM651 ou OM654) mené respectueusement peut dépasser les 300 000 km.
La condition sine qua non est un historique d’entretien limpide. Les vidanges de la boîte automatique (tous les 60 000 à 100 000 km selon le modèle) sont impératives. Notez toutefois que passé 200 000 km, les périphériques comme le FAP ou les injecteurs entreront dans leur phase d’usure normale.
Checklist ultime avant achat
Avant toute transaction, une inspection rigoureuse s’impose pour écarter les mauvaises surprises :
- Démarrage à froid : Écoutez attentivement le moteur capot ouvert. Tout cliquetis métallique suspect doit vous alerter sur l’état de la chaîne.
- Test routier : La boîte auto doit être parfaitement fluide, sans hésitation ni à-coup, même à très basse vitesse ou lors des manœuvres.
- Historique : Vérifiez que les rappels constructeur ont été effectués, notamment celui concernant les airbags sur les modèles 2013.
- Fumée : Demandez à quelqu’un d’observer l’échappement lors d’une accélération franche. Une fumée bleue (huile) ou noire (turbo/injection) est éliminatoire.
En conclusion, la Classe B reste une excellente voiture si l’on évite les années de lancement (2005-2007, 2011-2013). Investir un peu plus dans un modèle post-2015 ou souscrire à une garantie panne mécanique pour les modèles plus anciens est souvent un calcul gagnant.

