La Giulia séduit au premier regard. Design racé, châssis en fibre de carbone, motorisations puissantes : sur le papier, elle tient tête aux BMW Série 3 et Mercedes Classe C. Pourtant, avant de signer un bon de commande en occasion, certains défauts méritent votre attention. Voici ce que les propriétaires signalent le plus souvent, motorisation par motorisation.
En bref
- Le moteur diesel 2.2 concentre les défauts les plus sérieux : FAP, pompe haute pression, bruits
- Le système multimédia bug dès 10 000-15 000 km sur les premiers millésimes
- La boîte ZF 8 vitesses peut devenir saccadée après 35 000-50 000 km
- Les pneumatiques s'usent vite à cause de la géométrie sportive des trains roulants
- Le moteur 2.0 Turbo est plus fiable mais surveiller le turbo après 40 000 km
- La fiabilité globale reste dans la bonne moyenne, meilleure que la réputation d'Alfa Romeo
Les défauts du moteur diesel 2.2
Le 2.2 JTD est la motorisation la plus vendue en France sur la Giulia. C'est aussi celle qui pose le plus de problèmes. Mieux vaut le savoir avant l'achat.
Le filtre à particules : le piège des petits trajets
Le filtre à particules (FAP) s'encrasse rapidement si la voiture n'effectue que des trajets courts. La régénération automatique nécessite des phases à régime soutenu. Sans cela, le filtre se colmate après 30 000 à 50 000 km.
Les symptômes sont clairs :
- Voyant orange sur le tableau de bord
- Réduction notable des performances moteur
- Surconsommation de carburant
Pour éviter ce problème, faites au moins 20 minutes d'autoroute tous les 500 km à plus de 2 500 tr/min. Un nettoyant FAP tous les 15 000 km prolonge aussi sa durée de vie.
La pompe haute pression et les injecteurs
La pompe haute pression peut lâcher entre 60 000 et 80 000 km. La facture est élevée. Les injecteurs eux aussi vieillissent mal sur certains exemplaires, avec à la clé un ralenti irrégulier et une consommation en hausse.
Les bougies de préchauffage sont un autre point à surveiller par temps froid. Un remplacement préventif autour de 80 000 km évite les mauvaises surprises en hiver.
Le bruit : un vrai défaut de conception
Les versions diesel de la Giulia sont trop bruyantes en habitacle. Alfa Romeo a peu insonorisé ce modèle. Certains exemplaires sont équipés d'un double vitrage latéral : à privilégier absolument.
Les défauts du moteur 2.0 Turbo essence
Le 2.0 Turbo de 200 chevaux est globalement plus fiable que le diesel. Mais il a ses propres faiblesses.
Le turbocompresseur
Les premiers signes de faiblesse du turbo apparaissent entre 40 000 et 60 000 km, surtout en cas de conduite sportive répétée. Les symptômes caractéristiques sont :
- Perte de puissance progressive
- Bruits métalliques à l'accélération
- Fumées bleutées à l'échappement
- Consommation d'huile anormale (jusqu'à 1 litre pour 1 000 km)
Une vidange tous les 15 000 km avec une huile 5W-30 de qualité réduit significativement l'usure du turbo.
Les joints toriques du système de refroidissement
Sur les premiers mois de production (avant mi-janvier 2017), des fuites de liquide de refroidissement ont été signalées au niveau des joints toriques. Le problème a été corrigé en usine sur les véhicules produits à partir de début 2017.
Si vous achetez un exemplaire de 2016, vérifiez l'historique d'entretien et examinez le vase d'expansion.
Les injecteurs
Des cas de grippage d'injecteurs ont aussi été relevés sur les premiers 2.0 Turbo. Le voyant d'anomalie moteur s'allume sans raison apparente. Une reprogrammation règle souvent le problème.
Les problèmes électroniques et multimédia
L'électronique est le vrai point faible de la Giulia, toutes motorisations confondues.
Le système multimédia
L'infotainment bug régulièrement, surtout sur les modèles antérieurs au restylage de 2020. Les problèmes les plus fréquents :
- Écran tactile qui ne répond plus aux commandes
- Redémarrage spontané du système pendant la conduite
- Perte des paramètres enregistrés
- Problèmes de connectivité Bluetooth
- Navigation qui plante après une mise à jour logicielle
Une simple coupure moteur et redémarrage suffit dans la plupart des cas. Pour les pannes persistantes, une reprogrammation en concession est parfois nécessaire. Sur certains modèles, la vitre de l'écran est en cause et doit être remplacée.
Les modèles post-2020 bénéficient de l'Apple CarPlay et Android Auto, et sont bien plus stables.
Les aides à la conduite
Les capteurs ADAS (régulateur adaptatif, freinage d'urgence, détection de voie) émettent parfois de fausses alertes. Des pannes de ces systèmes surviennent entre 40 000 et 50 000 km. Un diagnostic professionnel avec outil constructeur est souvent le seul moyen de réinitialiser correctement ces systèmes.
Les défauts de la boîte automatique ZF 8 vitesses
La transmission ZF à 8 rapports équipe la majorité des Giulia. Elle est réputée, mais elle a ses faiblesses sur ce modèle.
| Symptôme | Kilométrage d'apparition |
|---|---|
| Changements de vitesse saccadés | 35 000 – 50 000 km |
| Réponse tardive à l'accélération | 35 000 – 50 000 km |
| Bruits inhabituels lors des passages de rapports | 35 000 – 50 000 km |
| Surchauffe sur longs trajets | Variable |
| Usure de l'embrayage du convertisseur de couple | 100 000 – 120 000 km |
Le logiciel de la boîte nécessite des mises à jour régulières en concession. Côté entretien, une vidange avec l'huile spécifique ZF Lifeguard Fluid 8 tous les 60 000 km est indispensable. Beaucoup de propriétaires l'ignorent car Alfa Romeo ne l'indique pas dans les intervalles standards.
Les problèmes de suspension et de pneumatiques
La Giulia est une vraie sportive. Sa géométrie de trains roulants est taillée pour la performance. La contrepartie : une usure des pneus plus rapide que sur une berline classique.
L'usure des pneumatiques
Des propriétaires signalent une usure par facettes liée aux réglages de trains roulants, conduisant à un remplacement avant 20 000 km. Sur les versions les plus puissantes, comptez un jeu de pneus tous les 15 000-20 000 km.
Le phénomène de ripage (à-coups dans la progression roues braquées) est inhérent au modèle. C'est une question de géométrie que l'on retrouve sur d'autres berlines sportives.
La suspension
Les amortisseurs et ressorts montrent des signes de fatigue entre 50 000 et 70 000 km, surtout sur les routes dégradées. Des bruits de suspension au passage de bosses sont fréquemment signalés. Bras de commande et coussinets sont les premiers composants à vérifier.
Les autres défauts courants
Au-delà des problèmes majeurs, voici les points de vigilance supplémentaires relevés par les propriétaires :
- Système start-stop : défaillances possibles dès 15 000-20 000 km, aggravées par le froid ou de longues périodes d'inactivité. Vérifiez la tension de la batterie (minimum 12,4 V).
- Batterie : fragilité de la batterie de démarrage à partir de 30 000-40 000 km sur les exemplaires avec start-stop intensif.
- Freins : usure prématurée des plaquettes avant après 20 000-25 000 km en conduite sportive.
- Refroidissement : fuites possibles au niveau du radiateur et défauts de thermostat entre 60 000 et 80 000 km.
- Verrouillage des portes : dysfonctionnements du verrouillage central signalés après 25 000-35 000 km.
- Versions Q4 (4×4) : témoin de défaillance de transmission s'allumant de façon intempestive. Dans certains cas, une odeur d'huile remonte dans l'habitacle : c'est le joint de tablier moteur qui est en cause.
Les rappels officiels à connaître
La Giulia a fait l'objet de plusieurs rappels constructeur depuis 2016. Vérifiez que l'exemplaire que vous envisagez d'acheter a bien été traité.
| Date | Concerne | Problème | Correction |
|---|---|---|---|
| Octobre 2016 | 259 véhicules (mars-juin 2016) | Sous ou sur-efficacité du freinage | Remplacement de la centrale de freinage |
| Janvier 2017 | 29 Quadrifoglio (mars-oct. 2016) | Vis de demi-essieux se desserrant | Remplacement des vis + repositionnement faisceau |
| Mai 2018 | 183 véhicules (sept. 2017 – fév. 2018) | Étiquette réglementaire erronée | Remplacement de l'étiquette |
| Mars 2019 | 1 808 véhicules (fév. 2016 – fév. 2019) | Accélération intempestive avec ACC actif | Mise à jour logiciel freins |
| Août 2019 | 1 718 véhicules (avant juin 2019) | Jauge carburant indiquant un niveau supérieur à la réalité | Mise à jour logiciel jauge |
| Avril 2022 | 242 véhicules (janv. 2021 – fév. 2022) | Orientation automatique des phares inopérante | Recalibrage des capteurs et alignement |
Pour vérifier si un véhicule est concerné, consultez le registre officiel des rappels sur le site du ministère de la Transition écologique avec le numéro de VIN.
Points forts et points faibles de la Giulia
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Design et comportement sportif | Moteur diesel 2.2 problématique |
| Châssis en fibre de carbone | Système multimédia instable (avant 2020) |
| Direction très directe et précise | Boîte ZF saccadée sans entretien |
| Motorisation 2.0 Turbo fiable | Usure rapide des pneumatiques |
| Matériaux de qualité en habitacle | Bruits en habitacle (diesel) |
| Bonne tenue de route | Coffre petit, dossiers non rabattables en série |
| Prix attractifs en occasion | Coûts d'entretien élevés |
Quelle version choisir pour limiter les risques ?
Si vous achetez une Giulia en occasion, deux règles simples s'appliquent.
Pour l'essence : choisissez le 2.0 Turbo 200 chevaux, de préférence millésime 2020 ou ultérieur. L'intérieur est modernisé, Apple CarPlay est intégré, et les problèmes d'infotainment sont réduits. Vérifiez l'historique des vidanges.
Pour le diesel : le 2.2 de 180 chevaux est le plus répandu et le plus facile à trouver. Fuyez les exemplaires ayant effectué principalement des trajets courts. Exigez un historique complet, vérifiez l'état du FAP et demandez le carnet de révisions.
Dans les deux cas : optez pour un exemplaire post-2020 avec le nouvel intérieur, vérifiez les rappels sur le VIN, et faites contrôler la boîte automatique. Une Giulia bien suivie offre une fiabilité correcte et des sensations de conduite que ses rivales allemandes ont du mal à égaler.

